Ethique, politique

We must keep our faith in theRepublic. The day we stop believing democracy can work isthe day we lose it.

Nous devons garder foi en la Démocratie. le jour où nous cessons de croire en l'efficacité de la Démocratie, est le jour où nous la perdons. (Queen Jamillia, Episode II)

Fidèle à lui-même, Lucas introduit ça et là dans l’Attaque des Clones, des valeurs qui lui sont chères: solidarité (implication de tous les Jedis dans le combat de l'Arène), respect de la vie (en réaction au massacre par Anakim), refus de la drogue (Tu veux une ligne-de-la-mort? -Je ne veux pas de ligne-de-la-mort; rentre chez toi et pense à ta vie), refus du mensonge, de la dissimulation (relation entre Anakim et Amidala), enfin, valorisation du mariage traditionnel, devant un officiant.

Obi-Wan confronté à un vendeur de drogue, dont la faiblesse est démontrée par sa facilité à se laisser subjuguer par la Force
Mais bien plus développée à mon sens, est la critique politique, bien présente dans le permier épisode, déjà. Et il s’agit ici de ne pas faire de contre sens sur la volonté de Lucas, surtout dans le contexte actuel. Rappelons que l’Episode I est antérieur à l’élection de Georges Bush, et que l’Episode II a été mis largement en chantier avant les attentats du 11 septembre. Il n’empêche, l’un et l’autre événement prennent ici une singulière résonnance.

Que voit-on ici? Une république menacée d’abord de paralysie par sa désagrégation interne: discours politiciens, corruption, prévalence de l’intérêt privé (et surtout économique) sur le bien commun. Ce sont ces dysfonctionnements internes qui ouvrent la porte à des mouvements dissidents, nostalgiques de l’ordre (cfr, le comte Doku), ou conscient de l’opportunité d’un conflit économiquement rentable (la Fédération du Commerce)

C’est dans cette Babel d’intérêts contradictoires que Palpatine se profile comme un nouveau Messie, lance le conflit armé qui lui assure le plein pouvoir, et fait de lui le Tout-Puissant maître d’une République qu’il prétendait défendre –République qui n’existe déjà plus dans les faits.

L'histoire est celle de l'ascension de tous les dictateurs, de César à Napoléon et au-delà sans doute.

J’ai vu, deux semaines avant la projection du film, une grande affiche de l’Attaque des clônes recouverte d’un slogan vengeur: “Ceci n’est pas une publicité pour George Bush” –René Magritte. Par une allusion au célèbre tableau du surréaliste belge, “Ceci n’est pas une pipe”, le taggueur indélicat entendait dénoncer le militarisme américain dans le contexte actuel, militarisme qu’il attribuait, j’imagine, au producteur de Star Wars.

Contre-sens absolu. Pour ma part, je ne trouverait pas étonnant qu’on dénonce un jour ou l’autre chez Lucas un discours “politiquement incorrect”.

Sur ce, je ne sais si c'est avec la bénédiction du producteur que s'ouvrait récemment sur le site starwars.com une publicité "be an army of one", en faveur de la US army...